Relations avec l’enseignant universitaire

Relation avec l’enseignant universitaire

Les Relations avec l’enseignant universitaire constituent la troisième force en importance au sein du réseau de l’Université du Québec. De prime à bord, l’identification de cette force peut sembler paradoxale compte tenu du fait que les cercles de qualité ont également relevé le problème de collaboration comme point faible principal. Bien que la relation interpersonnelle ait été ciblée comme une force, il faut comprendre cependant que ce type de relation ne se réfère pas réellement à une relation de type collaboratif entre les enseignants universitaires et les bibliothécaires-formateurs, mais davantage à un travail coopératif au sens de Piquet (2009). Un commentaire d’un bibliothécaire illustre bien cet aspect: «J’ai déjà voulu sonder un peu plus comment mieux adapter la formation et la réponse typique reçue: je vous fais entièrement confiance. Ce que j’en ai compris est que les professeurs […] recherchent des partenaires de confiance, autonome, sur qui ils peuvent s’appuyer sans que cela ne prenne trop de leur temps.» (c.f. no 1792).

 

D’ailleurs, Piquet (2009) précise que la différence fondamentale entre un travail coopératif et un travail collaboratif réside dans le degré d’interdépendance atteint entre des individus dont l’action collective est orientée vers une finalité commune. À cet effet, il s’avère judicieux de s’appuyer sur le continuum des niveaux d’interdépendance proposé par Little (1990, cité dans Beaumont et al., 2010) pour mieux distinguer ces niveaux.

 

La figure 48 illustre le continuum des niveaux d'interdépendance proposé par Little (1990).

Niveaux interdépendance

Figure 48: Niveaux d’interdépendance selon le continuum proposé par Little (1990, tel qu'illustré par Beaumont et al., 2010)

 

Ce continuum démontre qu’une véritable relation d’interdépendance est précisée par le niveau quatre dans lequel les intervenants adoptent un cadre commun de référence, atteignent un niveau élevé de partage d’expertise, de ressources, de responsabilités et de résolution de problèmes complexes, et ce, en vue d’accomplir une mission commune. Force est de constater que les résultats obtenus lors de la mesure de la qualité des pratiques de formation documentaire conjuguées aux évaluations effectuées par les cercles de qualité, nous conduisent à conclure que le degré d’interdépendance entre les intervenants impliqués dans le développement des compétences informationnelles se situe actuellement quelque part entre les niveaux un et deux du continuum présenté à la figure 48. Cela signifie que bien que ce type de relation apparaisse comme une force, il se trouve encore loin du niveau quatre d’interdépendance décrit par Little qui précise les conditions préalables à un réel travail collaboratif (cet aspect sera discuté plus loin dans ce chapitre).

 

Cela dit, la qualité des relations entre les enseignants universitaires et les bibliothécaires-formateurs constitue néanmoins un préalable essentiel à l’établissement d’une relation de collaboration. La qualité de cette relation a d’ailleurs été observée au sein du réseau par les cercles de qualité. Cette qualité se traduit par la flexibilité, la disponibilité, la fiabilité et l’assiduité démontrées par les bibliothécaires-formateurs. Par ailleurs, les commentaires des membres des cercles de qualité démontrent que les bibliothécaires-formateurs et les enseignants universitaires font preuve d’estime, de confiance et de respect mutuels. Malheureusement, les commentaires des bibliothécaires-formateurs, des enseignants universitaires et des cercles de qualité précisent que ce type de relation vise uniquement à répondre à des besoins ponctuels.