Implanter des pratiques pédagogiques et responsabiliser les étudiants à l’égard de leur apprentissage

Implanter des pratiques pédagogiques et responsabiliser les étudiants à l’égard de leur apprentissage

L’adoption d’un cadre commun de référence permettra d’exploiter et de mettre en œuvre des pratiques pédagogiques de manière à optimiser le développement des compétences informationnelles chez les étudiants, et ce, en fonction de finalités clairement établies. À cet effet, les cercles de qualité ont nettement reconnu que les méthodes pédagogiques actuellement exploitées par les bibliothécaires-formateurs constituaient un point faible important. Pour cette raison, il importe de recommander la création d’ateliers visant le développement des compétences pédagogiques des bibliothécaires-formateurs dans un contexte de formation continue en cours d’emploi. À titre d'exemple, il s'avérerait intéressant d'exploiter les modules d'autoformation proposés par le Groupe d'intervention et d'innovation pédagogique (GRIIP) ainsi que les autres ressources en soutien à la pédagogie universitaire diffusées sur le Portail du soutien à la pédagogie universitaire du réseau de l'Université du Québec. Il serait également intéressant de s’inspirer des associations qui se préoccupent déjà de cet aspect, à savoir l’Association pour l’avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTED), la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ) et les écoles de bibliothéconomie et des sciences de l’information. D’autres moyens pourraient également être déployés pour assurer le développement des compétences pédagogiques des bibliothécaires-formateurs, tels que les services de la formation continue, l’offre de cours à distance et des ateliers offerts à distances comme des webinaires, conférences-midi, capsules d’autoformation, publications, etc.

 

Actuellement, les pratiques s’orientent davantage vers la transmission de connaissances communes, axées sur les savoirs, alors que les experts recommandent que les formations devraient plutôt viser l’acquisition de compétences informationnelles spécifiques, axées sur le savoir-agir. Le contenu livré dans la majorité des formations documentaires actuellement offertes dans les établissements du réseau ne reposent sur aucune évaluation préalable des besoins ni des compétences informationnelles acquises par les étudiants à la suite de formations données antérieurement. Selon Tardif et al. (2006), une compétence fait référence à un savoir agir, dans un contexte particulier. Ce savoir-agir repose donc sur la capacité de l’étudiant à mobiliser ses ressources internes telles que ses connaissances, ses attitudes et ses valeurs, et des ressources externes, à savoir la technologie, les collègues, et ce, dans le but de reconnaître son besoin de se documenter lorsqu’il survient, puis de trouver, d’évaluer et d’utiliser l’information adéquatement (ACRL, 2000).

 

Dans ce contexte, il apparaît que le développement des connaissances seules ne suffit pas à rendre un étudiant compétent en matière de gestion de l’information dans un milieu universitaire. Il faut nécessairement impliquer davantage l’étudiant dans son apprentissage, car lui seul peut mobiliser à la fois ses ressources internes, exploiter efficacement des ressources externes, tout en démontrant qu’il a acquis les compétences ciblées dans le cadre de son programme. Il devient nécessaire de procéder à des évaluations formatives et sommatives axées sur le savoir-agir et non seulement sur les connaissances acquises. Ces évaluations pourraient prendre la forme d’observations, d’exercices, de tests et de travaux permettant de démontrer dans une situation réelle d’apprentissage comment l’étudiant est réellement en mesure de reconnaître son besoin de se documenter, de trouver, d’évaluer et d’exploiter l’information. Un changement important doit donc s’opérer sur le plan de la responsabilité des apprentissages. Actuellement, cette dernière est entre les mains des transmetteurs de savoirs (bibliothécaires-formateurs et enseignants universitaires), il importe donc de privilégier le rôle central que devraient adopter les étudiants vis-à-vis de leur apprentissage, en les responsabilisant et en faisant appel à des modèles pédagogiques suscitant leur participation active.

 

La dernière recommandation découlant du changement de paradigme proposé consiste à assurer un suivi de la qualité des pratiques de développement des compétences informationnelles. C’est par la mise en œuvre de cette recommandation spécifique que pourront être évalués les changements apportés en matière de pratiques de développement des compétences informationnelles. Cette recommandation est précisée ci-après.