Considérations pour la mise en œuvre d’un programme d’amélioration continue de la qualité des pratiques de développement des compétences informationnelles

Considérations pour la mise en œuvre d’un programme d’amélioration continue de la qualité des pratiques de développement des compétences informationnelles

L’expérience acquise dans le cadre de la présente étude nous permet de formuler quelques recommandations dans le but d’optimiser la mise en œuvre d’un programme d’amélioration continue de la qualité des pratiques de développement des compétences informationnelles.

 

Les questionnaires développés et expérimentés dans le cadre de ce projet permettront d’évaluer périodiquement la qualité des formations documentaires. Il s’avère d’ailleurs possible de créer d’autres instruments de mesure ciblant des aspects plus spécifiques à partir de l’ensemble des critères qui ont été validés. Ce type d’instruments pourrait être exploité avantageusement afin d’assurer le suivi d’un plan d’action à moindre coût.

 

En ce qui a trait à la collaboration interprofessionnelle, les critères de qualité validés ont aussi été opérationnalisés afin de construire des questionnaires qui ont été administrés aux bibliothécaires-formateurs et aux enseignants universitaires lors de l’expérimentation du processus de mesure dans le cadre de la présente étude. Bien que l’utilisation de ce type de questionnaires ait permis d’identifier clairement l’importance du problème de la collaboration interprofessionnelle en matière de pratiques de développement des compétences informationnelles, l’utilisation d’un tel instrument de mesure ne semble pas constituer la pratique idéale pour rejoindre un nombre plus élevé d’enseignants universitaires (en raison du faible taux de réponses obtenu). Il pourrait s’avérer plus avantageux d’exploiter les critères validés portant sur la collaboration interprofessionnelle et interservices dans le cadre d’une rencontre annuelle thématique regroupant l’ensemble des intervenants (incluant les représentants de différents services offerts aux étudiants et en particulier le bibliothécaire attitré à un département) dont le but consisterait à évaluer, entre autres, la qualité de la collaboration interprofessionnelle. Les critères précisant les bonnes pratiques en matière de développement des compétences informationnelles (et qui ne pouvaient être opérationnalisés dans le contexte de leur utilisation dans un questionnaire administré à l’ensemble des intervenants) pourraient aussi servir de base de discussions lors de telles rencontres (ces critères sont présentés à l’annexe 21).

 

S’intéresser à la mesure des effets observés en matière de développement des compétences informationnelles chez les étudiants est un autre aspect important à considérer. À cet effet, plusieurs critères ont été validés69, mais n’ont pu être opérationnalisés dans le cadre de la présente étude (ces critères sont présentés à l’annexe 22). Cela nous amène à recommander la construction d’un instrument de mesure des compétences informationnelles chez les étudiants à partir des critères de qualité validés à cet effet. La mesure des compétences informationnelles effectivement acquises par les étudiants pourraient d’ailleurs être intégrée dans la deuxième phase du cycle de la qualité présenté ci-haut. L’évaluation des résultats obtenus permettrait alors d’établir des liens plus significatifs entre les pratiques actuelles mises en œuvre pour favoriser le développement des compétences informationnelles chez les étudiants et les résultats effectivement obtenus (S ↔ P ↔ E)70. En effet, l’évaluation du degré d’atteinte des compétences informationnelles acquises par les étudiants (ce qui est) ne peut s’effectuer qu’en identifiant précisément les compétences requises (ce qui devrait être). Ce n’est qu’à partir de ce moment qu’un jugement de valeur peut être posé et qu’un lien peut être établi entre les résultats obtenus (effets) et les éléments de structure et de processus mis en œuvre pour favoriser le développement de ces compétences chez les étudiants. Encore ici, l’identification de ces compétences informationnelles transversales et disciplinaires constituera un exercice permettant d’établir une plus grande collaboration interprofessionnelle et interservice entre les intervenants impliqués. Cet exercice permettra d’ailleurs une plus grande implication des étudiants dans leur propre apprentissage. Rappelons ici que les études visant à mesurer le degré de développement des compétences informationnelles chez les étudiants ont démontré jusqu’à maintenant de très faibles résultats (Gervais et Arsenault, 2005; Lebrun, Perreault, Verreault, Morin, Raby et Viola, 2007; Mittermeyer et Quirion, 2003; Ouellet, Sylvain et Bélanger, 2012a, 2012b; Roy et Sauvé, 2007; Kennel, 2016).

 

La section suivante présente la quatrième et dernière recommandation globale qui consiste à se doter d’outils de travail collaboratifs destinés à optimiser et favoriser l’instauration d’une approche interdisciplinaire visant le développement des compétences informationnelles des étudiants.