Absence de planification/coordination

Absence de planification/coordination

En ce qui concerne la catégorie de causes Absence de planification/coordination, les cercles de qualité ont principalement retenu, d’une part, les causes attribuées à la faible coordination de l’offre de formations documentaires et, d’autre part, le travail en silo entre bibliothécaires eux-mêmes.

 

La faible coordination de l’offre de formations documentaires résulte de l’hétérogénéité des demandes de formations exprimées par les enseignants universitaires, des contenus à enseigner (du très particulier au général), des groupes visés (degrés de compétences variables, groupes ayant des besoins particuliers), des pratiques disciplinaires du domaine d’apprentissage des étudiants, des stratégies pédagogiques des bibliothécaires-formateurs et du temps octroyé pour donner la formation. Dans ce contexte, la coordination des activités de formations documentaires s’avère très complexe, tant pour les bibliothécaires-formateurs que pour les gestionnaires de programmes.

 

Les commentaires formulés par les cercles de qualité au sujet du travail en silo concernaient principalement le problème de collaboration entre bibliothécaires-formateurs eux-mêmes. Les trois critères qui ont permis de mesurer la qualité de la collaboration entre formateurs avaient trait à la tenue de rencontres entre formateurs afin de discuter de leurs pratiques (résultat obtenu lors de la phase de mesure: 39,3 %)57, à l’accès à une personne-ressource au sein de son établissement en matière de formations documentaires (57,1 %) et au fait que les bibliothécaires fassent appel à l’expertise disciplinaire de leurs pairs (59,8 %). Dans l’ensemble, ces résultats démontrent que près de 50 % des bibliothécaires-formateurs coopèrent très peu avec leurs pairs. Or, les résultats obtenus lors de la mesure démontrent que le travail en silo des bibliothécaires-formateurs s’observe également dans leurs relations avec les enseignants universitaires et avec les services impliqués dans le développement des compétences informationnelles. À titre d’exemples, les bibliothécaires-formateurs et les enseignants universitaires coopèrent très peu en ce qui concerne le développement de matériel pédagogique (20,6 %), la détermination des cours les plus susceptibles d’intégrer une formation documentaire (41,3 %), la planification de la séquence des formations documentaires (45,9 %), la détermination de la méthode d’enseignement (45,3 %), la conception de travaux permettant d’intégrer les notions enseignées lors de la formation documentaire (28,9 %), la conception d’outils d’évaluation des apprentissages (22,1 %) et l’évaluation des apprentissages (21,8 %).

 

Un autre point important relevé par les cercles de qualité comme cause du problème de collaboration entre bibliothécaires-formateurs et enseignants universitaires est l’absence d’évaluation des apprentissages à la suite des formations documentaires. À titre d’exemples, trois critères ayant permis de mesurer la qualité de collaboration entre les enseignants universitaires et les bibliothécaires-formateurs en matière d’évaluation des compétences informationnelles ont obtenu des résultats pour le moins significatifs (< 30 %):

le formateur et les enseignants universitaires collaborent afin d'évaluer les apprentissages des étudiants; résultat: 21,8 % (0-1667)58;

le formateur et les enseignants universitaires collaborent afin de concevoir des outils d’évaluation des apprentissages; résultat: 22,1 %(0-1666)

une banque de ressources d’évaluation des compétences informationnelles est mise à la disposition des formateurs ou des enseignants universitaires; résultat: 27,7 % (0-1640)

 

Il convient de réaliser que dans ce cas, il s’avère particulièrement difficile pour les bibliothécaires-formateurs et les enseignants universitaires de coordonner et d’intégrer leurs efforts dans l’enseignement des compétences informationnelles chez les étudiants puisqu’ils ignorent les compétences effectivement acquises à la suite des formations documentaires. De ce fait, il devient impossible d’établir un lien significatif permettant d’évaluer l’efficacité de l’intervention des bibliothécaires-formateurs sur l’acquisition des compétences informationnelles des étudiants.

 

Il convient également de souligner que les résultats les plus faibles obtenus sur le plan des critères de qualité mesurés s’observent au niveau de la collaboration du bibliothécaire-formateur avec le technopédagogue (13,3 %) et le conseiller pédagogique (10,5 %).